Les premiers employés de Bon Rivage

Les premiers employés de Bon Rivage

Les premiers employés 1866-1868

Grâce aux registres des permis de séjours de la Commune de La Tour de Peilz, nous pouvons connaître dès 1866 les noms des premiers employés de la pension Bon Rivage. Ils sont enregistrés chez M. Prélat ou Prélaz, à la Pension du Rivage ou à la Pension Prélaz. La corporate identity d’un petit hôtel n’en est qu’à son balbutiement et peu importe le nom de la maison, pourvu que les gens y soient enregistrés !

Photo registre

 

Les frontières cantonales en Suisse ont subsisté jusqu’en 1848, date historique de la fondation de notre Confédération moderne. Avant 1848, le voyageur doit prévoir un changement de monnaie en plus de langue, quand ce n’est pas de devoir s’acquitter d’une taxe de passage d’un canton à l’autre ! Mais cette ouverture des « frontières » internes fait peur et le canton va imposer la tenue d’un registre de contrôle des « étrangers » sur son territoire. Le vagabondage, le brigandage même, et la mendicité, sont encore courantes en ce milieu de XIXème siècle.

Ces « étrangers » qui doivent produire un acte de naissance pour les Suisses ou un passeport pour les non Suisses, ce sont plus souvent des citoyens d’autres cantons que d’autres pays ! L’attrait de la Riviera est déjà visible dans les registres d’il y a 150 ans. Tout un personnel de travailleurs bernois et fribourgeois, parlant allemand mais pas trop loin situés de la frontière linguistique, va oser passer la mythique « barrière de rösti » qui délimite des cantons de langue allemande des cantons francophones pour travailler sur la Riviera et ainsi faire l’apprentissage d’une seconde langue nationale en vue d’obtenir une meilleure place et un meilleur salaire de retour au pays.

Et c’est exactement ce qui est visible dans les registres des permis de séjours de la Commune de la Tour de Peilz. Les premiers employés de Bon Rivage viennent de Riggisberg, Rothenbach, Langnau, Innerkirchen, Sigriswyl ou Frutigen, la patrie de notre ancien conseiller fédéral Adolf Ogi, le jardinier vient de Spiez. Une seule domestique vient de Fribourg. Tous arrivent en janvier ou en juillet et repartent après six mois ou un an, comme les saisonniers. Deux demoiselles quittent le service pour se marier, la demoiselle Justine Wachter au bout d’un mois et demi ! Peut-être le coup de foudre pour un vaudois….

En 1867 apparaissent une multitude de permis de séjour émis pour des travailleurs et journaliers italiens originaires de Brenta de la province de Varèse au Nord de l’Italie. Parmi eux les Colombo, une famille bien établie aujourd’hui et toujours active dans la construction. Ces maçons vont construire une partie des quais entre La Tour de Peilz et Vevey. A cette époque le bord du lac devant Bon Rivage est encore le domaine des lavandières, on y voit les draps de lit de la pension qui flottent au vent pour sécher.photo old HBR

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